Mes œuvres font écho aux souffrances des victimes de discriminations, d’injustice et à la négation des droits de l’homme. Plus ma douleur est vive, plus la nécessité d’équilibrer mes compositions et d’étendre ma palette s’imposent. En réponse au chaos social, à la faillite des valeurs humanistes, j’éprouve un besoin urgent de rassembler mes forces. En mobilisant mes connaissances des techniques classiques (glacis, rigueur de composition et nombre d’or) je joue ma partition sur la toile en toute liberté. Les couleurs dans leur somptuosité et leur raffinement accentuent la poésie. Je suis incessamment en quête de nuances et d’harmonie des tons c’est pourquoi je fabrique mes peintures à partir de pigments naturels et certains de mes pinceaux. 

 

Mes personnages baignent souvent dans la lumière et les couleurs des Caraïbes et parfois se perdent dans l’immensité des steppes glacées. J’ai du sang d’esclaves noirs et de prince russe. C’est pourquoi mes personnages inspirés par Léon Gontrand Damas, James Baldwin, Frantz Fanon ou Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski et Nicolas Vassiliévitch Gogol, ont traversé le chaos pour surgir au sein d’une chromatique mouvante et  audacieuse. 

 

Ma peinture chargée de mystères, de sensibilité souterraine et de signes aventureux  fouille littéralement l’éclatement de l’être dans des compositions poignantes allusives et subtiles. Souvent en cours de réalisation, un ouragan me pousse à lâcher prise jusqu’à des  limites inattendues et à risquer une plongée dans l’underground mental.

 

Soucieux de ne pas heurter le regard d’autrui, j’ai choisi  dans le travail que je vous présente de peindre les drames humains en leur insufflant humour et espoir. Ma peinture est expressionniste, figurative et poétique.

 

Je mets en œuvre et en synergie les techniques expérimentées dans l’atelier de mon père peintre et carrossier, dans le jardin de mon arrière - grand - mère ou dans la pharmacie où j’ai appris la fabrication des médicaments. Je travaille le bois ocre jaune et odorant du santal, la chaux ferrée, nuagée ou brossée. Fasciné par la terre italienne, elle recouvre les murs de mon atelier.

 

Je nourris depuis quelques années l’ardent désir de réaliser des parcours sensoriels et interactifs à travers des installations protéiformes qui conjugueront peinture, gravure,  sculpture, céramique, photographie et vidéo. Toucher l’âme des visiteurs, les interpeller, les questionner pour qu'ils en ressortent vivifiés.

L’art à vif de Didier Meynard, 

«Des allures de chaos aux sièges de pouvoirs»

 

Dans l’impossible et dans l’impensable, errent à vif les êtres peints de Didier Meynard. Vêtus d’espace, ils sont faits de tâches, de flaques, de trames, et de sillages. Partiels, hagards, fantômatiques et indestructibles, ils habitent l’immensité. Ils traversent l’étendue, et l’étendue les traverse. Passant tous les lieux, ils n’ont pas de lieu pour exister, sinon celui de la haute peinture. Ils correspondent chacun à un état précaire et métamorphique, infime et fragile. Ils seront sans doute détruits à l’instant de leur apparition, car ils sont sans assise. La plénitude sert de repoussoir aux lacunaires, quand ils s’abandonnent à l’infini de leurs manques. Ils ont perdu tous leurs appuis dans des demeures carcérales, dans des allures de chaos, dans une somptuosité verticale. Ainsi la peinture, chargée de mystère et de non-dit, de sens et de non-sens, de sensibilité souterraine et de signes aventureux, est un miroir d’existence plus réel et plus vrai que l’apparence mal vécue des choses.

Didier Meynard fouille littéralement l’éclatement de l’être dans une peinture allusive et subtile, poignante et décalée, toujours à risques élevés. On dirait une aventure des confins, un lâcher-prise dans la fin des limites, une âpre plongée dans l’underground mental.

Cà et là des traces dures de secrètes meurtrissures, des brûlures à questions vitales, et des jetées de vide. Au sein d’une chromatique inventive et mouvante, audacieuse et pudique.

Les implacables sièges de pouvoir de Didier Meynard, peintures de combat, ou terribles objets terriblement peints, sont vide d’amour et de présence. Ils saignent parfois d’art et de silence. Ils abiment les mauvais pouvoirs, car chaque siège instaure un drame sourd, sacre une détresse passée, et marque une farce sinistre. Chaque siège installe un personnage mortel et mortifère, bourreau hautain et pantin dérisoire. Chaque siège est une fatale scénographie, au tragique destin.

Didier Meynard disloque le va-de-soi pictural. Sa peinture aigüe, graphique et vive, naît des soubassements pré-verbaux, et creuse une écriture sauvage de la défiguration, pour que ne disparaissent jamais l’énigme de l’existence et l’impossibilité d’être comme les autres, même de loin. Ses créations chargées sont les figures éphémères, inattendues et surgissantes, d’un ailleurs toujours présent, et d’un réel toujours en perdition. Meynard ose s’y perdre.

Il a aussi le sens de la distance. Il sait mettre l’ego à l’horizon de l’affect ordinaire, et de la création attendue. Ainsi l’art gagne un solide récalcitrant, et un très beau peintre.

Christian Noorbergen

Préface du catalogue de l'exposition au Château de Carrouges (Orne) 2013

1960 Naissance à Bar-le-Duc (Meuse). Enfance dans l'Aube à Vendeuvre-sur-Barse

1969 Découvre Miro, Braque, Picasso, Brueghel et Rembrandt dans la classe de M. Burger, Ecole Paul Bert à Troyes

 

1974 Premières gouaches. Séjour en Guadeloupe

1975 Découvre le jazz

1979 Diplôme de préparateur en pharmacie, spécialisation en phyto, homéo et aromathérapie

 

1980 Arrivée à Paris. Commence à peindre après la visite de l'exposition Dali au Centre Pompidou. Etudie la fabrication des peintures. 

1983 Etude des philosophies et des religions. Rencontre le père dominicain Dominique Vallée.

1987 Voyage dans les Cyclades

1988 Rencontre le peintre Michel Geminiani et devient son assistant pendant  plusieurs années.  Séjour en Grèce

1989 Début du travail sur les oiseaux d’après "L'oiseau de feu" de Stravinsky au Théâtre des Champs-Elysées. 

1990 Séjour en Inde. Initiation aux techniques des miniatures.

1992 Incendie dans l’immeuble de l’atelier (Paris XVI). Destruction d’une trentaine de toiles et de 200 oeuvres sur papier .

1993 Voyage à Anvers. Peintures d'après la Parabole des aveugles de Brueghel

1994 Séjour à Amsterdam, visite des musées

1995 Séjour à Madrid. Visite du musée du Prado : étude des peintures noires de Goya et de la coupole de l’église San Antonio de la Florida 

2000 Séjour à Londres, visite des musées

2004 Séjour à Barcelone, visite des musées

2009 Séjour en Italie, visite des musées

2010 Séjour en Crète, visite des chapelles, Documentation photographique des fresques du XIIIe  au XVIIIe siècle 

2013 Séjour à Lisbonne, visite des musées...

PRESSE

 

Art Tension N°19 : Décembre 1990, texte de Françoise Monnin

Exposition Galerie Checura Forestier

Maison française : Février 1995

Connaissance des Arts N°570 : Mars 2000, exposition Eric de Montbel

 

 

Upstreet#17 : Mars 2000, exposition Eric de Montbel

texte de Renaud J. Bergonzo

Azart N°24 : Janvier 2007

Exposition Galerie Joelle Possémé

Côté Ouest N°88 : Juin Juillet 2010

Exposition Galerie Artémise

Didier Meynard dessine le ballet incessant des passants, ceux que l'on croise et que l'on ne regarde pas. Pour suggérer leur présence mystérieuse et légère, cet éternel voyageur fabrique la tempera et la caséine sur des papiers Japon ou encore la gravure. L.C.

Pays du Perche N°13 : Juin Décembre 2010

Exposition Galerie Artémise

Gravures dans tous leurs "états", résultat d'une production de Didier Meynard dans la droite ligne de sa série Silhouettes, et d'Alain Controu.

C'est beau et mystérieux... Nathalie Fay

L'Echo Républicain : Dimanche 7 juillet 2013, texte d'Anne Lise David

Exposition Château de Carrouges